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10 mars 2016

La débrouillardise? Les titulaires de doctorat en ont à revendre.


L’affaiblissement du huard et l’effondrement des prix de l’énergie sont les plus récents rappels que le Canada doit s’occuper sérieusement de sa transition vers l’économie du savoir.

Ce n’est pas une tâche facile. Mais nous pouvons commencer par reconnaître un atout sous-utilisé, les titulaires de doctorats du Canada.

Selon une conception erronée assez répandue, notre pays produit un trop grand nombre de titulaires de doctorats, ou ces personnes ne sont aptes qu’à occuper des postes en milieu universitaire. En fait, certains des meilleurs exemples d’ingéniosité vantés par le premier ministre ont pris naissance dans des facultés d’études supérieures.

Les hommes et les femmes qui obtiennent un diplôme d’études supérieures sont essentiels à une économie florissante et une société saine. Le parcours rigoureux vers leurs réalisations universitaires personnelles leur confère non seulement une connaissance approfondie de leur domaine, mais aussi la discipline, la créativité et la capacité analytique qui sont la marque des dirigeants d’entreprise et des leaders de la collectivité.

Les docteurEs sont formés à la pensée critique qui sort des sentiers battus et remet en question les idées reçues. Mais, ce qui est plus important encore, les docteurEs sont souvent en quête d’une compréhension de ce qui se passe vraiment sur ces sentiers. Voilà un capital intellectuel que nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller alors que nous bâtissons l’avenir du Canada.

Ce n’est pas une coïncidence que cinq des 31 membres du cabinet fédéral du Canada sont titulaires d’un doctorat. Ce n’est pas non plus un hasard si le nombre de docteurEs siégeant au Parlement a atteint un sommet inégalé et qu’au moins deux premiers ministres provinciaux sont titulaires d’un doctorat. Que l’éclairage vienne de l’anthropologie, de la géographie médicale ou de la science politique, les politiques fondées sur les faits et les idées novatrices sont essentielles à la prise de décisions solides.

Lors d’une récente série de tables rondes nationales avec des étudiantEs des cycles supérieurs, une valeur importante est apparue comme fil conducteur. De Terre-Neuve à Victoria, ces CanadienNEs étaient enracinéEs dans la collectivité. Les étudiantEs parlaient de puiser dans les connaissances locales, de leur responsabilité de partager leurs recherches et d’ouvrir le dialogue avec la communauté, ainsi que de leur vif désir de travailler avec des collègues d’autres disciplines et secteurs afin d’élargir les connaissances et la perspective et d’accroître l’impact.

La tour d’ivoire, si elle existe, est en train d’être démolie de l’intérieur. Mais d’autres changements sont également nécessaires si nous voulons que le Canada profite au maximum des connaissances, de l’intellect et de l’énergie de sa main-d’œuvre accomplie.

Les facultés et écoles d’études supérieures du Canada se sont adaptées aux exigences du marché actuel. Au cours des cinq dernières années, elles ont intentionnellement dirigé le changement. Que ce soit en enseignant l’art de l’argumentaire éclair ou des compétences en gestion de projet, elles ont institué des programmes de perfectionnement professionnel favorisant l’acquisition d’une base solide de compétences améliorant l’employabilité, qui est commune à tous les secteurs. D’importantes occasions d’acquérir de l’expérience et d’apprendre au-delà de la thèse ont aussi été créées. Les doyenNEs connaissent l’importance d’outiller les titulaires de doctorats pour les aider à s’adapter et à réussir dans un monde en constante évolution, que ce soit dans les disciplines, la technologie, l’environnement ou la société.

Par contre, cette responsabilité n’incombe pas à eux seuls; les investissements dans le bien-être économique du Canada sont essentiels.

Globalement, le nombre des titulaires de doctorat est en hausse. Leurs cheminements de carrière sont diversifiés et la majorité contribuent à des secteurs hors du monde universitaire. C’est une caractéristique des économies basées sur le savoir que d’embrasser l’innovation comme une stratégie de croissance. Les économies européennes avancées, les États-Unis et le Royaume-Uni intègrent activement les titulaires de doctorat à tous les secteurs de leur économie. Elles surpassent le Canada pour ce qui est des dépenses de recherche et développement et la productivité.

Au Canada, les résultats sur le marché du travail pour les titulaires de doctorat sont demeurés stables au cours des 15 dernières années. Le marché a absorbé le quasi-doublement du nombre de docteurEs au cours de la même période, dans des carrières diversifiées. Même ainsi, le pourcentage de la population canadienne détenant un doctorat accuse un retard par rapport à d’autres pays de l’OCDE. Nous ne soutenons pas le rythme en ce qui concerne le bassin de talents intellectuels nécessaires pour stimuler l’innovation, la créativité et le progrès social et culturel.

Dans le cadre d’une stratégie de développement économique, il est impératif que nous préparions les diplôméEs pour le marché du travail actuel ainsi que pour les emplois qui n’existent pas encore. Un partenariat actif entre le milieu universitaire et les secteurs public et privé est essentiel pour renforcer la compétitivité et la prospérité du Canada. En même temps, l’investissement gouvernemental et social dans la recherche, le développement et l’innovation permettra de stimuler la demande pour une main-d’œuvre instruite et hautement qualifiée.

Nos docteurEs sont une source de talents de pointe et de compétences transférables qui en font des intervenantEs précieux et appréciés apportant une importante contribution à notre développement économique et social. Le Canada a un dossier lamentable pour ce qui est de mettre en évidence l’impact réel que les titulaires de doctorat canadien ont exercé pour le progrès de nombreux aspects de la société. Le fait de s’attaquer à ce problème va changer les choses.

À cette fin, donnons aux écoles et facultés d’études, aux entreprises, aux organisations et aux intervenants communautaires de l’encouragement et de l’appui pour éliminer les silos et dégager la voie pour les titulaires de doctorat. Tout porte à croire qu’ils sont tout à fait en mesure de poursuivre à partir de là.

Soumis par : Brenda Brouwer, présidente de l’Association canadienne pour les études supérieures, vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche et doyenne des études supérieures de l’Université Queen’s.


Association canadienne pour les études supérieures
301 – 260, rue Saint-Patrick
Ottawa ON K1N 5K5

Tél. : 613-562-0949


Cet article est déjà paru dans la revue Report on Business du Globe and Mail