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12 février 2016

Tendez l’oreille : la radio de la CBC explore les travaux de titulaires de doctorat


« J’ai toujours aimé l’idée de me plonger dans une thèse. J’enviais les gens qui faisaient un doctorat. Je pensais « Emmenez-moi avec vous! », raconte Tom Howell, l’un des créateurs d’un projet de radio inspiré des travaux des docteurEs du Canada.

IDEAS from the Trenches est une émission de la CBC dans laquelle les auditeurs sont entraînés dans une démarche d’exploration consistant à présenter des étudiantEs qui ont passé des années à réfléchir à une question. Des thèmes tirés de thèses sont traités sous forme de documentaires radio complets.

« Nous demandons aux étudiantEs quelLEs expertEs et éruditEs ils aimeraient entendre participer à l’émission, explique la coréalisatrice, Nicola Luksic. Il s’avère que, parfois, les plus célèbres universitaires sont les plus généreux et enthousiastes. C’est inspirant pour les étudiantEs et stimulant pour l’auditoire. »

Mais l’émission n’est pas une simple série d’échanges verbaux (un « show de chaises », comme on dit familièrement). Les réalisateurs entremêlent des entrevues, des sons, de la musique et de l’imagerie mentale dans de pétillantes émissions de 54 minutes diffusées sur CBC Radio et écoutables en baladodiffusion.

Les travaux des docteurEs conviennent bien à Ideas de la CBC, qui célèbre un demi-siècle de diffusion de la crème de la pensée contemporaine. L’émission traite de questions sociales, de la culture et des arts, de géopolitique, d’histoire, de biographies, de sciences et technologies et de sciences humaines.

Les réalisateurs se sont donné comme objectif de produire cinq épisodes de Trenches par an. L’équipe n’est pas nécessairement en quête de recherches susceptibles de changer le monde, mais plutôt de perspectives réfléchies et différentes.

« Nous avons des conversations agréables avec des gens intéressants qui ont mûrement réfléchi au sujet de leurs recherches », soulève Luksic.

Kristin Rodier in the IDEAS studio.

Cette expérience a été des plus révélatrices pour Kristin Rodier, d’Edmonton (Université de l’Alberta, Ph.D. en philosophie). Rodier, qui se décrit comme une personne extrovertie, dit avoir tenu, littéralement, des « milliers de conversations » pendant qu’elle travaillait à sa thèse. Mais elle a parlé surtout lors de conférences, et avec d’autres universitaires.

« C’est agréable de savoir que votre thèse de doctorat très abstraite intéresse les autres. Cette réaction a été bonne pour moi », conclut-elle. Pendant les mois où le projet a pris forme, elle a été fascinée de voir ou d’entendre quel contenu l’équipe de production a choisi pour atteindre le grand public.

Par exemple : Son travail porte sur les habitudes, et elle a intitulé sa thèse : Habits of Resistance: Feminism, Phenomenology, and Temporality (habitudes de résistance : féminisme, phénoménologie et temporalité). Pour expliquer la signification de ces termes, la CBC les a présentés ainsi : « Les habitudes sont habituellement vues comme des vertus ou des vices. Cette philosophe étudie ce qui se produit lorsque ces habitudes sont perturbées, avec pour perspective le changement social. »

Rodier dit qu’elle a été surprise par la réaction que le produit fini a reçue. « Mon département a organisé un événement pour écouter l’émission, ce qui m’a beaucoup plu, rapporte-t-elle. Mais j’ai aussi reçu des commentaires de personnes dont je n’aurais jamais cru que ça pouvait les intéresser. Ma visibilité a été renforcée. » L’équipe de Trenches dit que la réaction de l’auditoire à ces segments a été très fortement positive.

« À l’époque de la vague “Le Canada est branché”, des auditeurs américains nous écrivaient pour nous dire que le Canada est branché parce qu’il a une émission sur les titulaires de doctorat », s’amuse Luksic.

En tant que communicatrice, Luksic a vu le projet aider des docteurEs à renforcer leurs compétences en communication et apprécier la pollinisation croisée issue du travail en équipe. « Un de nos participants a eu une illumination pendant qu’il écoutait les entrevues enregistrées que nous avions réalisées avec des experts, se remémore-t-elle. Cet “Eurêka!” renforcé sa conclusion. » Howell dit qu’il est frappé par l’excès de modestie dont font preuve bon nombre d’étudiantES au sujet de leurs travaux. Mais il a observé une capacité « d’être beaucoup plus pertinentE et de comprendre l’importance de leurs recherches » une fois le processus terminé.

Rodier est du même avis. « C’est un bon exercice pour les étudiants de cycles supérieurs, tout comme la thèse en trois minutes d’ailleurs. Dans mon domaine, la philosophie, nous utilisons des méthodes très « vieille école » pour faire connaître notre travail, notamment des événements comme les colloques, auxquels très peu de personnes assistent. Mais il y a un vif désir de rendre ce genre de démarche acceptable. Où j’habite, à Edmonton, des professeurEs financent personnellement des événements populaires pour faire connaître la philosophie dans la collectivité. En tant que défenseure des arts libéraux, je suis d’avis qu’il devrait y avoir davantage de projets de ce genre. »

Le vif intérêt de Mme Luksic et de M. Howell pour les bonnes histoires et les idées fascinantes fera partie du concours des Thèses en trois minutes (T3M) du Canada cette année. Ils travailleront de concert et apporteront leur savoir-faire à l’équipe du jury plus tard ce printemps.

Vous pensez avoir ce qu’il faut pour présenter vos idées aux auditeurs canadiens d’émissions de radio et de baladodiffusions?

Vous pouvez écrire aux réalisateurs de l’émission ici.

Et vous pouvez écouter les épisodes ici.